
"J'aime énormément Bétharram. Le Chemin de Croix, je le connais.
C'est une des plus belles choses de ce monde." (Mgr d'Hulst, 1916)
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Le cadre du Calvaire actuel Les années 1867-1873 virent naître sur la colline une longue suite de blanches chapelles qui frappent encore aujourd'hui le voyageur de passage à Bétharram. Elles furent conçues par un architecte de 25 ans, le Père Basilide Bourdenne, aidé d'un dessinateur remarquable, le Frère Joseph Pujo et d'un sculpteur-décorateur de Pau, Joseph Delcour. Chacun de ces monuments mériterait une description détaillée. Chaque pierre témoigne d'un soin méticuleux, religieux; l'élégance et la variété des dessins traduit une riche imagination, des broderies sur le thème roman. Au Calvaire de Bétharram on a encore utilisé la fonte et le plâtre. Dans quelques chapelles on a complété l'œuvre de Renoir, restée inachevée, par d'anciennes toiles du peintre Butay. |
L'esprit: un chemin de Croix évangélique
Le Calvaire comprend quinze stations qui font revivre autant d'épisodes de la Passion du Sauveur. On n'y fait pas mention des trois chutes, évoquées dans le Chemin de Croix à quatorze stations dit de "de Jérusalem"; ni du geste touchant de Véronique rapporté seulement par une tradition orale. On ne rappelle ici que des scènes évangéliques.
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Alexandre Renoir, auteur de huit bas-reliefs en plâtre, s'est inspiré de l'Évangile. Les visages de tous ses personnages sont vrais, leurs gestes naturels, les sentiments exprimés parfaitement humains, tels que les attend l'historien; tels que chacun peut les imaginer en fermant les yeux, après avoir lu une page d'Évangile. Le Père Garicoïts faisait, dès l'achèvement du deuxième bas-relief de Renoir, l'éloge "de la pose et de la vérité des personnages". |
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Le "Calvaire" de Renoir ne distrait, ni ne trompe. Il nous conduit simplement à la découverte de Jésus Christ. À l'exemple du sanctuaire de la Vierge, il est une Bible qui instruit les pauvres d'aujourd'hui: non plus ces pauvres qui ne savaient pas lire, mais qui ne savent que penser de ce qu'ils lisent, et restent embarrassés devant tant d'opinions contradictoires. Dès l'origine, le Chemin de Croix de Bétharram proposait une quinzième station, comme un rappel du miracle de la Croix glorieuse de 1616, la station de la Résurrection du Seigneur - appelée à l'époque la "Chapelle du Saint Sépulcre". C'est le couronnement normal du Mystère du Christ, l'autre face de sa mort. |
L'ambiance du Calvaire de Bétharram
Ce sont des tableaux faits pour être médités en silence. Le Chemin de Croix de Bétharram ne se décrit pas, il se médite. C'est au dialogue qu'il provoque, tellement les scènes sont parlantes.
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Un dialogue continu entre le temps passé et le temps présent; une rencontre surprenante entre les personnages figurés et le visiteur qui les observe. Cependant, attirer l'attention sur un ou autre détail, peut aider à amorcer le dialogue. La vérité et la foi libère. On a gardé le souvenir d'un Renoir, nouvellement arrivé à Bétharram, jeune homme distingué, vivant dans un cadre qui ne semblait pas fait pour lui, mais qui passait, avant de se mettre au travail, de longs moments à méditer sur la colline du Calvaire. Ces lieux l'aidèrent sans doute à concevoir son œuvre: le grain n'attend-il pas, pour germer,de s'imprégner des sucs de la terre? |
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De nos jours, bien des personnes qui ont fait le Calvaire, en pèlerins, touristes ou simples promeneurs, aiment y revenir. Ils vous disent que sur ce chemin rugueux, loin de la ville et des bruits, sous les hautes futaies, le long des pentes dont chaque virage réserve une surprise, ils trouvent le repos et la détente rêvés, une paix qu'ils ne savent pas exprimer. Les témoignages en sont nombreux...
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La chapelle du pèlerinage avait mérité autrefois d'être appelée "dévote chapelle', en raison de son atmosphère de piété. Le Calvaire de Bétharram mérite cette distinction pour la beauté de ses monuments et l'intensité de la prière qu'il alimente. Comme dans ces églises où flotte, après une célébration, un parfum d'encens, sur la colline du Calvaire de Bétharram règne une atmosphère de dévotion; les pierres semblent recouvertes d'une patine de prière. Le Calvaire aussi mérite d'être appelé un sanctuaire, le troisième sanctuaire de Bétharram. |
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